


L’École chercheurs "Terroirs et patrimoines
ruraux méditerranéens au XXIe siècle : entre idéologie, projets et réalités de
terrain se déroulera à Marrakech du 11 au 19 Octobre 2012.
Coordinateurs scientifiques :
Coordinateurs scientifiques :
Saïd Boujrouf
(UCAM, s.boujrouf@uca.ma)
Bruno Romagny (IRD, bruno.romagny@ird.fr)
Gestion administrative :
Léna Maria (IRD, lena.lmimediter@gmail.com),
avec l’appui de la représentation IRD de Rabat (Saïd Dahraoui et Soulaf
Kadiri), de Nathalie Finot (UMR GRED) et d’Éloïse Gransagne (UMR
LPED).
Lieu : Université Cadi Ayyad (UCAM). Faculté des Lettres et des Sciences
Humaines. Avenue Prince Moulay Abdellah, B.P. 511 - 40000 - Marrakech,
Maroc. Tél : (+212) 5-24-43-48-13/14 – Fax : (+212) 5-24-43-44-94
Organisée par :
- le Laboratoire Mixte International (LMI) MédiTer : « Terroirs méditerranéens : environnement, patrimoine et développement », http://lmimediter.blogspot.fr/
- le réseau méditerranéen en SHS : « Environnement, gouvernance et sociétés », http://www.egs-mediterranee.org/
Avec l’appui financier de :
l’IRD/AIRD (Actions Thématiques Structurantes), l’UMR GRED, l’UCAM,
l’UM5 Rabat-Agdal et du LabexMed « Les sciences humaines et sociales au
cœur de l’interdisciplinarité pour la Méditerranée ».
L'actualité nous rappelle régulièrement combien notre monde est
confronté à une remise en cause de son modèle de développement et doit
repenser les relations que les sociétés entretiennent entre elles et
avec la nature, tant au niveau local que global. La question de la
nourriture des populations – du point de vue quantitatif et qualitatif –
et celle des liens multiples noués entre lutte contre la pauvreté,
protection de l’environnement, biodiversité et agro-écosystèmes,
apparaissent aujourd’hui essentielles. Quels sont les atouts et les
limites des systèmes socio-écologiques locaux, avec toute leur diversité
et leurs spécificités, pour affronter les problèmes environnementaux,
alimentaires et économiques du XXIe siècle ? Comment les terroirs
peuvent-ils répondre à ces trois types d’enjeux planétaires tout en
préservant les diversités et en permettant un développement durable ?
Trop souvent, les stratégies de valorisation des spécificités locales
(qualification de l’origine, tourisme rural ou écotourisme, services
écosystémiques) simplifient la réalité des espaces, des sociétés et des
modes de production pour coller à une image commerciale. Comment
peuvent-elles être mieux mises à contribution ? Quelles sont les limites
de ces stratégies et les écarts entre l’application et les modèles
initiaux ?
Aujourd’hui, les notions de patrimoine, territoire,
développement sont largement mobilisées en référence aux défis que
posent le changement global et pour la mise en œuvre de politiques
publiques innovantes et adaptées. D’une façon générale et plus
particulièrement dans le contexte méditerranéen et marocain, ce double
défi inspire de nombreuses questions.
- A quelles conditions la
valorisation de ressources patrimoniales peut-elle constituer un levier
du développement rural et de préservation des écosystèmes?
-
Les nouvelles orientations des politiques publiques – le pilier II du «
Plan Maroc Vert » par exemple peuvent-elles contribuer à une plus forte
implication des populations locales dans la conception et la mise en
œuvre d’une stratégie de développement territorial ?
- Comment
situer le terroir entre les démarches de valorisation des produits
(filières) ou des paysages et les exigences de préservation des
patrimoines culturels, identitaires, techniques et environnementaux
locaux ?
- Comment aborder les problématiques de l’hybridation
entre savoirs locaux et savoirs globaux (experts, scientifiques,
décideurs…), entre droit coutumier et droit formel ?-
Comment analyser les traductions réelles sur le terrain des démarches
dites territoriales et par extension que veut-on dire par projet de
territoire et/ou territoire de projet ?
Articulée autour de ces
grandes interrogations, cette école-chercheurs vise à engager un travail
réflexif et interdisciplinaire sur les concepts, les paradigmes et les
problématiques qui leur sont attachés. Le sens des notions de
patrimoine, patrimonialisation, terroir, gouvernance et de développement
local a été érodé par des usages trop fréquents. Il change selon que
l’on se situe dans les registres du discours et de l’action politique,
ou dans ceux de la recherche ; il varie alors en fonction des
disciplines, des hypothèses et d’expériences variées.
L’objectif
de la formation est donc, à partir de l’analyse de cas concrets au
Maroc et dans d’autres pays du bassin méditerranéen, de questionner
l’apport théorique et les contributions pratiques des approches
terroirs, patrimoniales et territoriales sur les grandes questions
d’environnement, de développement durable et de vulnérabilité, dans les
régions rurales de la Méditerranée. Il s’agit notamment :
-
d’expliciter les présupposés théoriques et idéologiques, mais aussi les
constructions socio-historiques des notions de terroir et de patrimoine
dans différents contextes ;
- de questionner ce que représente
et signifie le « terroir » et ce qui « fait patrimoine » au sein de ce
terroir. Quels sont les processus d’appropriation/d’exclusion en jeu ?
-
de voir en quoi les démarches engagées (terroir, patrimonialisation,
labellisation, tourisme) bouleversent les représentations des acteurs
concernés. Les dynamiques actuelles autour des terroirs, au Nord comme
au Sud, font-elles émerger de nouvelles capacités de construction et
d’action collectives ?
- de s’arrêter sur les méthodologies
appropriées pour répondre à ces questions en insistant sur les
constructions de problématiques spécifiques à ces thèmes.
Cette
école-chercheurs réunit une trentaine d’étudiants (essentiellement des
doctorants) des rives sud (Maroc, Tunisie), est (Liban) et nord (France)
de la Méditerranée. A travers des regards croisés de spécialistes et la
mutualisation de plusieurs expériences de recherche sur différents
territoires, l’école permet d’établir un dialogue entre les sciences
humaines et sociales (SHS) représentées, mais aussi avec les sciences de
la vie et de l’environnement. Les débats auxquels participent les
étudiants apportent un éclairage pertinent sur le positionnement des SHS
par rapport à l’évolution des relations « hommes-milieux » en
Méditerranée. Une place de choix est réservée aux méthodes et
méthodologies[1]
de recherche qui peuvent être mobilisées pour aborder les questions
posées précédemment, de manière à ce que les jeunes chercheurs soient
sensibilisés aux approches des autres disciplines et puissent les
comprendre ou les utiliser.
L’école est structurée en huit sessions thématiques d’une journée, dont deux consacrées à des sorties de terrain dans la région de Marrakech (cf. programme détaillé).
Lors de la session d’ouverture
sont présentés les principaux concepts et instruments qui fondent les
approches « terroir » et « patrimoine ». Deux réalités, pas forcément
convergentes, coexistent : (i) les territoires ruraux, définis par la
construction historique de la relation sociétés/espaces/ressources ;
(ii) les politiques de développement et les projets ou initiatives
variées s’adressant à ces territoires et voulant développer leurs
spécificités. Bien qu’étant illustrés par des exemples marocains, les
débats ne concernent bien évidemment pas que ce pays mais s’inscrivent
dans des mouvements plus généraux.
La seconde session est
consacrée aux différentes façons de définir les terroirs et les
produits qui leurs sont associés. Les terroirs sont des constructions
socio-historiques d’acteurs. Nous souhaitons amener les étudiants à
questionner ce que représente et signifie le « terroir », mais aussi ce
qui « fait patrimoine » au sein de ce terroir, localement, du point de
vue des différentes parties prenantes.
La troisième session
s’intéresse aux projets de développement et de valorisation des
terroirs. Il s’agit de voir en quoi les démarches engagées (construction
de la qualité dans les produits de terroir, indications géographiques
protégées, nouvelles formes de tourisme) bouleversent les
représentations des acteurs et les systèmes de production. Comment une
stratégie de valorisation de la qualité des produits peut-elle
enclencher (ou non) durablement un « cercle vertueux » de développement
territorial ?
La quatrième session porte sur les
questions foncières, les conflits d’usage, les droits de propriété et
les modes d’appropriation des ressources à travers différentes analyses
renvoyant à des études de cas au Maghreb et en France.
Une cinquième session
traite de la gouvernance territoriale des ressources (eau agricole,
pâturages, figuier de Barbarie, etc.), avec un coup de projecteur sur
les questions démographiques. Le but de cette session est d’analyser les
mutations des systèmes locaux de gouvernance des ressources naturelles,
avec l’irruption de nouveaux acteurs, de nouveaux enjeux, de nouvelles
possibilités de création de rente…
Enfin, après deux journées passées sur le terrain pour illustrer les points abordés lors de la session 5, une dernière matinée
revient sur les dynamiques engagées autour des terroirs en termes de
patrimonialisation et de politiques publiques. Des éléments de synthèse
de l’ensemble de la formation sont exposés, ainsi qu’un bilan des tables
rondes organisées à l’issue de chacune des cinq sessions thématiques et
au cours desquelles les étudiants auront présenté leurs thématiques de
recherche et discuté avec les intervenants des difficultés
méthodologiques ou conceptuelles qu’ils rencontrent en rapport avec les
thématiques de l’école. Cette dernière s’achève par une visite commentée
du musée Berbère de Marrakech, situé dans les jardins Majorelle. Deux
membres du LMI MédiTer (A. Skounti et R. Simenel) ont largement
contribué à la conception scientifique de ce musée récemment ouvert.
[1]
Par méthodologie, nous ne visons pas seulement les outils et
techniques, mais aussi et surtout les questionnements, problématisations
et constructions de recherches en cours dans les différentes
disciplines, ce qui outre l’aspect formation, permet aussi des échanges
interdisciplinaires entre chercheurs confirmés.
Organisation d'un stage collectif de terrain pour le Master "Tourisme, gouvernance territoriale et développement local en zones rurales"
Grâce à un appui du LMI MediTer, les étudiants du Master "Tourisme, gouvernance territoriale et développement local en zones rurales" géré par la E3R et le Cergéo ont effectué un stage de terrain d'une semaine dans la vallée du Dadès. La question de recherche principale de cet exercice de recherche était : "Dans quelle mesure l’organisation des acteurs autour de la mise en patrimoine de l’architecture en terre à travers le tourisme contribue-t-elle à la dynamisation des sociétés et des économies oasiennes (cas de la moyenne vallée du Dadès)".
Pour plus de détails, cliquez ici : http://equipee3r.blogspot.com/2012/09/stage-de-terrain-collectif-des.html
13ème Congrès de la Société Internationale
d’Ethnobiologie
Extraits du plateau WebTv du 13ème congrès de la société internationale d'ethnobiologie qui s'est tenu à Montpellier du 21 mai au 25 mai:
Interventions de Geneviève Michon et Romain
Simenel (IRD).
Apiculteurs : Salah Sayed du Sahara
marocain, Jenu Kalla et J.P Raja du
Karnataka en Inde, et Alberto du Mozambique.
Sortie
annuelle du LMI MediTer 2012 : Le Haut Atlas Oriental
Thèmes
abordés durant la sortie
Programme
sommaire de la tournée organisée au nom de la E3R
par Mohamed Berriane et Mohammed Aderghal:
Mercredi 9 mai :
Point de rencontre à Khénifra au pied de l'Atlas et départ à 13h :
·
Khénifra - vallée du Srou par Taskart –Tizi n’Ghachou (arrêt)
·
Tizi n'Ghachou - Tounfit-Zaouia de Sidi Yahya ou Youssef (arrêt Plaine
de Aarid, projet de développement intégré de Tounfit, Zaouia de Sidi Yahya ou
Youssef)
·
Retour à Tounfit pour la nuit (hébergement au centre éducatif et de
formation professionnel et dîner chez l'habitant)
Jeudi 10 mai
·
Départ de Tounfit vers Taaraart en remontant la vallée qui longe le
flanc sud du Jbel Ayachi (arrêts douar Lougagh, douar Massou puis marche
éventuelle d'environ 1 heure à partir du douar Massou -
déjeuner : en plein air)
·
Retour à Tounfit (rencontre représentant des Eaux et forêts - à
confirmer)
·
Départ Tounfite- Tizi N’zzou (arrêt sur le versant nord du massif d’Al
Ayachi)
·
Retour à Tounfit (hébergement au centre éducatif et de formation
professionnel et dîner chez l'habitant)
Vendredi 11 mai
·
Tounfit - Imilchil (arrêt à Annefgou Tighadouine : et déjeuner en plein
air)
·
Arrivée à Imilchil et installation au gite "Kasbah Adrar"
·
Parcours du plateau des lacs : plateau, lac Isli et lac tislit
·
Retour à Imilchil (table ronde : bilan des 3 jours et hébergement et
restauration à la kasbah
Samedi 12 mai
·
Départ d'Imilchil vers Ksiba (arrêt au méandre de Sid Hsain et au bassin
de Tizi N’Isly - déjeuner
·
Fin de la tournée et retour sur Marrakech et Rabat.
Appel à communication
L’ Association des Géographes Tunisiens organisera la prochaine rencontre des journées géographiques régionales les 3, 4 et 5 mai 2012 au Kef (Tunisie du Nord-ouest) sur le thème :
« Patrimonialisation et développement durable»
Le patrimoine est une ressource symbolique étroitement liée à la question de la mémoire et de l’identité, mais également une ressource économique. Le champ patrimonial a connu ces dernières décennies un élargissement sans précédent. Sorti de la définition réductrice le cantonnant dans les monuments historiques, le patrimoine devient à la fois plus proche de nous dans le temps, plus étendu spatialement et plus diversifié thématiquement.
La patrimonialisation quant à elle pourrait être définie comme un processus de réinvestissement et de revalorisation des espaces désaffectés. Aujourd’hui, tout est potentiellement patrimonial. Une telle tendance à la patrimonialisation globale s’est remarquablement accélérée depuis les années 1980. Elle s’est accompagnée d’un élargissement du sens de ce terme. Sans faire une liste exhaustive des différentes transformations sémantiques du processus de patrimonialisation, nous pouvons, en revanche, souligner trois formes de glissement :
- du patrimoine matériel au patrimoine immatériel,
- de la culture à la nature et à l’environnement,
- de la dimension ponctuelle à la spatialisation.
Actuellement, le processus de patrimonialisation a pris une dimension spatiale de plus en plus affirmée avec le passage d’une conception ponctuelle des héritages à une conception de plus en plus élargie aux espaces dans lesquels ils s’inscrivent. La patrimonialisation est désormais donc perçue comme une nouvelle source de construction et de développement d’espaces revalorisés.
Dans ce cadre, la Tunisie du Nord-Ouest, espace souvent marginalisé par les différentes politiques du développement, s’individualise par la diversité de ses paysages spatiaux ainsi que par la richesse culturelle et historique de son territoire. L’exploitation et la mise en valeur de ces différentes potentialités sont susceptibles de soutenir efficacement le développement de la région à travers des activités économiques, muséologiques, scientifiques et autres. Une telle revalorisation pourrait être l’objet d’un processus de patrimonialisation qui devrait conduire à un développement durable et intégré.
Cette rencontre vise à mettre en relief la transversalité de plusieurs domaines disciplinaires (géographie, histoire, sciences de la terre, sociologie, économie, anthropologie, droit, politique, littérature, etc.). Elle permettra aussi de mettre en débat les thématiques suivantes :
1- ressources patrimoniales et développement durable,
2- patrimonialisation et dynamique spatiale,
3- patrimonialisation et valorisation touristique,
4- patrimonialisation en Tunisie du Nord-ouest.
Contact et correspondance :
1- Le coordinateur : Abdelhamid BEN GHAZI
- E-mail : rencontre2012@yahoo.fr
- Tél. : (+216) 50707708
2- Secrétariat de l’AGT :
- Adresse : bureau A7, bloc A, 2 éme étage, Pacha centre. Avenue Kheireddine Pacha, Tunis 1073.
- Téléphone / fax : (+216)71908378
Stagiaires MediTer
Les stagiaires en binômes :
Marie GUILLOT, Master II « Tourisme, Patrimoine et Développement Durable » à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech sous la direction de Saïd Boujrouf, sur « Produits de terroir de la vallée du Zat », en binôme avec Claire LE DU, étudiante à l’Université Aix-Marseille, Master II « Mondialisation et développement » (sous la direction de Laurent Auclair), sur « Terroirs et Patrimoine : actions publiques et sociétés locales dans la vallée du Zat (Haut Atlas marocain) », de début mars à mi-mai.
Nadia ZAOUITE, Master II « Tourisme, Patrimoine et Développement Durable » à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech sous la direction de Saïd Boujrouf, sur « Les ressources territoriales et les paniers de bien dans les projets touristiques. Quels enjeux pour quel développement humain dans les terroirs de l'arganier? », en binôme avec Céline MERMET, étudiante à l’Université Aix-Marseille, Master II « Mondialisation et développement » sous la direction de Bruno Romagny, sur « L’huile d’argan dans le Sud-ouest marocain : chronique des processus de certification de l’IGP à l’équitable », de début mars à mi-mai.
Morgane Salzard, Master 1 à Supagro-Montpellier, sur « La transmission des savoirs faires apicoles : l’apprentissage chez les enfants » sous la direction de Lahoucine Amzil et Romain Simenel, en stage de mi-mars à mi-mai.
Antonin Adam, Stage de fin d’étude de l’ISTOM, sur « De l’apiculture traditionnelle à l’apiculture moderne : pourquoi, comment, quelles conséquences ? » sous la direction de Lahoucine Amzil et Geneviève Michon, en stage de début mars à fin août.
Audrey Crousilles, Master II en Pharmacie, spécialité ethnobotanique, à l’université de Montpellier, sur « La valorisation des vertus médicinales du miel », sous la direction de Romain Simenel, en stage de début avril à fin mai.